Essai Ferrari Purosangue : la supercar qui prend de la hauteur

par | 16 Mar 2026 | Nouveautés | 0 commentaires

Ferrari, cette marque italienne qu’on associe instinctivement à des berlinettes rouges conduites par des gens qui portent des lunettes de soleil même la nuit, a juré pendant des décennies qu’elle ne construirait jamais de SUV. Jamais. Pas question. C’était contraire à la philosophie de la marque, à l’ADN, à l’ordre naturel de l’univers et probablement au règlement intérieur de Maranello.

Et puis, en 2022, Ferrari a annoncé la Purosangue. Mais attention : ce n’est pas un SUV. Non. C’est un FUV, pour Ferrari Utility Vehicle. Ce qui revient à appeler un hamburger gastronomique un “sandwich gastronomiquement horizontal”. Bref, c’est un SUV. Mais un SUV Ferrari avec un V12 de 725 chevaux, ce qui signifie que si vous devez absolument transporter votre famille dans un véhicule surélevé, autant le faire avec quelque chose qui hurle à 7 750 tr/min.

Un SUV Ferrari… enfin pardon, un FUV

Visuellement, la Purosangue ressemble à ce qui se passerait si une Ferrari 812 Superfast passait un week-end intensif à la salle de sport et décidait ensuite de porter des bottes de randonnée. Avec 4,97 m de long, 2,03 m de large et 1,59 m de haut, la Purosangue est moins haute qu’un Bentayga ou un Urus, mais suffisamment large pour transformer n’importe quel parking souterrain en épreuve de précision. C’est bas pour un SUV, haut pour une Ferrari. En résumé, c’est exactement au milieu de deux mondes qui n’étaient pas censés se rencontrer.

À l’avant, on trouve des optiques très fines et des prises d’air si vastes qu’on a l’impression que la voiture tente activement de siphonner l’oxygène de la planète. L’arrière est plus discret, si tant est qu’un véhicule avec quatre sorties d’échappement et des pneus arrière de 315 mm puisse être qualifié de discret.

Et puis il y a les portes arrière antagonistes — sans poignées apparentes — qui s’ouvrent vers l’arrière. Officiellement pour faciliter l’accès. Officieusement parce que la firme au cheval cabré voulait que chaque entrée dans la voiture ressemble à une scène dramatique d’opéra façon Barbier de Séville de Rossini : un pur-sang faussement accessible, tel Figaro qui ruse pour triompher malgré les contraintes.

Un salon italien pour quatre privilégiés

À l’intérieur, Ferrari a fait quelque chose de profondément étrange : ils ont créé une vraie familiale. Il y a quatre vrais sièges électriques individuels, séparés par une console centrale. Donc oui, vos enfants peuvent s’asseoir derrière. Mais ils seront probablement trop occupés à admirer les logos Ferrari brodés partout pour remarquer que cette voiture est légèrement excessive pour aller chercher le pain.

Le tableau de bord est minimaliste mais très technologique. Pas d’écran central gigantesque façon Tesla : Ferrari préfère deux écrans, un pour le conducteur et un pour le passager -car oui, le passager a son propre écran pour surveiller la vitesse et probablement juger silencieusement votre conduite-. Enfin, les matériaux sont exactement ce que vous imaginez : cuir, carbone, aluminium et un niveau de finition qui ferait rougir une boutique de luxe à Milan. C’est élégant, sportif et suffisamment sophistiqué pour rappeler que vous êtes dans une Ferrari… même si vous transportez simplement des sacs de courses.

Le véhicule surélevé le plus inutilement magnifique du monde

ous le capot se trouve la véritable raison d’être de la Purosangue, et non, ce n’est pas le coffre ni les sièges arrière. Ferrari y a installé un V12 atmosphérique de 6,5 litres, le genre de moteur que la plupart des constructeurs ont rangé dans un musée avec les lecteurs CD et les téléphones à clapet. Ici, rien de turbo, rien d’hybride, juste 725 chevaux à 7 750 tr/min et 716 Nm à 6 250 tr/min, envoyés aux quatre roues via une boîte double embrayage à 8 rapports et une transmission intégrale permanente. Là où un Lamborghini Urus ou un Aston Martin DBX vous propulsent avec un V8 biturbo très efficace mais aussi légèrement industriel, la Purosangue répond avec quelque chose de beaucoup plus théâtral : un V12 qui monte dans les tours avec une impatience presque joyeuse, hurlant comme seules les Ferrari savent encore le faire. Les chiffres sont parfaitement absurdes pour un SUV de 2 033 kg : 0 à 100 km/h en 3,3 s, 0 à 200 km/h en 10,6 s et 310 km/h en vitesse maximale.

Sur la route, la surprise continue. La suspension active 4RM-S, avec ses amortisseurs hydrauliques pilotés et ses moteurs électriques intégrés, gère les mouvements de caisse avec une rigueur impressionnante pour un engin dépassant deux tonnes. Là où nombre de rivaux donnent surtout la sensation d’un projectile très lourd qu’on tente de contenir, la Purosangue affiche une tenue étonnamment disciplinée. L’inscription en virage est nette, la carrosserie reste presque horizontale et la direction transmet une précision rarement rencontrée dans cette catégorie.

Le freinage participe pleinement à cette impression de maîtrise. Les imposants disques carbo-céramique Brembo398 mm à l’avant et 380 mm à l’arrière — stoppent l’ensemble avec un calme presque insolent. Même après plusieurs accélérations très enthousiastes du V12, la pédale de frein demeure ferme, progressive et parfaitement rassurante. Beaucoup de modèles sportifs impressionnent lors des départs arrêtés ; bien moins nombreux sont ceux qui conservent autant de sang-froid lorsque la route se complique.

Au final, l’expérience intrigue autant qu’elle séduit. La Purosangue ne se contente pas d’être un « utilitaire rapide » ; elle conserve l’âme d’une Ferrari dans son tempérament mécanique et sa manière d’aborder l’asphalte. Au centre de tout se trouve ce V12 atmosphérique, nerveux, volontaire, capable de grimper jusqu’à près de 8 000 tr/min avec une bande-son jubilatoire. Face aux V8 suralimentés du segment, efficaces mais souvent assez semblables, ce bloc apporte un caractère totalement distinct. Et entendre un tel chant mécanique provenir d’un véhicule familial reste une absurdité délicieuse — précisément ce qui rend l’ensemble absolument brillant.

L’irrationnel assumé

La Purosangue a été dévoilée le 13 septembre 2022, après des années pendant lesquelles Ferrari expliquait avec un aplomb admirable qu’un SUV n’aurait jamais sa place dans la gamme. C’était contraire à l’ADN, à la tradition, à la gravité terrestre, probablement. Puis ils en ont construit un. Mais avec une certaine retenue toute italienne : la Purosangue ne doit représenter qu’environ 20 % de la production annuelle de Ferrari, soit 2 500 à 3 000 exemplaires par an. Résultat parfaitement prévisible : les commandes étaient déjà pleines avant même que les premières voitures arrivent chez les clients.

Le tarif participe également à cette logique très particulière. 384 000 € en France, auxquels s’ajoutent environ 50 000 € de malus écologique, plus les options — ce qui, dans l’univers Ferrari, ressemble souvent à une liste aussi longue qu’un menu de restaurant gastronomique. À ce niveau, la concurrence est bien identifiée : Lamborghini Urus, Aston Martin DBX, Bentley Bentayga. Trois SUV extrêmement rapides, extrêmement luxueux et extraordinairement sérieux dans leur mission de transporter beaucoup de puissance et beaucoup de cuir.

La Ferrari, elle, adopte une approche légèrement différente. Les autres font preuve d’une efficacité moderne, très impressionnante, parfaitement calibrée. La Purosangue, en revanche, choisit la voie de l’excès mécanique pur. Ferrari, de son côté, a choisi une solution nettement moins raisonnable : un grand moteur atmosphérique à douze cylindres, bruyant, exubérant et délicieusement excessif. Dans une catégorie où tout fonctionne remarquablement bien, Ferrari a simplement décidé d’être beaucoup moins raisonnable. Et c’est précisément pour cela qu’elle est infiniment plus intéressante.

Au fond, les qualités de la Purosangue apparaissent assez vite. Son moteur possède un caractère extraordinaire, les performances sont complètement absurdes pour un engin de ce gabarit et le châssis parvient à maintenir l’ensemble avec une aisance impressionnante. Ajoutez à cela une production volontairement limitée, et vous obtenez un véhicule qui ressemble déjà à un futur objet de collection.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. La consommation évoque davantage celle d’un yacht que d’une voiture familiale, le tarif donne légèrement le vertige et il reste ce détail amusant : Ferrari a passé vingt ans à expliquer qu’elle ne construirait jamais de SUV… avant de construire celui-ci.

Mais si l’idée de transporter quatre personnes dans un confort somptueux tout en dépassant 300 km/h vous paraît raisonnable, la Purosangue est parfaite. Sarcastiquement vôtre : c’est probablement le SUV le plus inutilement glorieux jamais fabriqué. Et c’est exactement pour ça qu’il existe.

Fiche technique – Ferrari Purosangue

  • Moteur : V12 6.5 L atmosphérique (F140IA)
  • Puissance : 725 ch à 7 750 tr/min
  • Couple : 716 Nm à 6 250 tr/min
  • Transmission : intégrale permanente, boîte robotisée DCT 8 rapports
  • Poids : 2 033 kg
  • Dimensions (L/l/h) : 4 973 / 2 028 / 1 589 mm
  • Empattement : 3 018 mm
  • Suspension : active 4RM-S (amortisseurs hydrauliques + moteurs électriques)
  • Freinage : disques carbo-céramique Brembo 398×38 mm AV / 380×34 mm AR
  • Pneus : 255/35 R22 AV / 315/30 R23 AR (Pirelli P Zero)
  • Performances : 0–100 km/h en 3,3 s ; 0-200 km/h en 10,6 s ; Vmax 310 km/h
  • Profondeur de gué : NC (non gué orienté)
  • Prix : 384 000 € hors malus et options

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